Largo Winch, du mythe dessiné à la réalité cinématographique
Écrit par Maxence Eymard Mercredi, 17 Décembre 2008 12:58
Avec la sortie de Largo Winch dans les salles obscures ce mercredi 17 décembre, c’est une légende et l’une des plus populaires BD qui prend enfin vie sous la forme d’un long-métrage. Retour sur les enjeux et les défis de la superproduction française de cette fin d’année.
De la BD... Au cinéma
À ce titre, on pourrait penser que le format de la série télévisée serait plus compatible pour s’accommoder de cet enchevêtrement d’histoires et de personnages ; et série tv, il y a bien eu, mais pour un résultat mitigé (elle n’ira d’ailleurs pas au bout de la seconde saison) : personnages passés à la trappe, aventures différentes… La liberté prise à l’égard de la BD avait fait totalement disparaître l’univers et le charme de l’original. Pas de risque avec le film : les petits plats ont été mis dans les grands, et les moyens débauchés, avec un budget à hauteur de 25 millions d’euros et un tournage à Hong-Kong, Macao, Malte et en Sicile, laissent augurer des cascades et des décors à couper le souffle.Le parti pris a été d’adapter les deux premiers albums, tout en y associant des éléments tirés des deux suivants. D’ailleurs, quelle est-elle, l’histoire ? Le vieil et richissime homme d’affaires Nerio Winch, à la tête d’un gigantesque conglomérat pesant 10 milliards de dollars, est retrouvé mort. Son décès forcément suspect vu le poids de son empire financier, attire les convoitises. C'est alors que se présente un héritier inattendu : Largo Winzclav, adopté en secret par Nerio. Vagabond plein d’allure, iconoclaste bagarreur, inexpérimenté et déterminé, celui-ci va être rapidement confronté aux défis professionnels de son nouveau travail ainsi qu’aux machinations à cause de son nouveau statut.
On l’a dit, coupes et arrangements, notamment de certains personnages, ont été nécessaires pour assurer la viabilité d’un tel projet. Pourtant, un autre choix cornélien a demeuré : qui pour incarner le personnage emblématique de Largo, qui porte sur ses épaules le film entier et sa réussite ? Le metteur en scène en témoigne : « La directrice de casting a certainement vu tous les acteurs francophones de vingt à trente-cinq ans, en poussant jusqu'au Canada, aux Etats-Unis et au Maroc ! » La ressemblance physique entre Tomer Sisley - finalement retenu - et le Largo du crayon de Philippe Francq n’est pas frappante. Mais là n’est pas l’essentiel, car Sisley partage un trait primordial avec son alter ego de papier : tous deux sont des novices et doivent faire leurs preuves ; L’un, dans le nouveau monde quasi-infernal qu’il découvre avec les méandres de la finance ; L’autre, avec ce premier grand rôle d’acteur, lui qui n’a jusque là presque que connu les one-man-shows d’humoriste. Mais c’est le pari de la spontanéité, de l’instinctivité, d’une personnalité commune et naturelle. Certes il est risqué… Mais puissions-nous en sortir avec la même fraîcheur dont est doté Largo Winch.
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