5ème : Le doux Paris de Cédric
Écrit par Hannah Benayoun Mercredi, 14 Janvier 2009 12:52
L'année 2008 a été celle des grands succès. Mis à l'ombre par les écrasants The Dark Knight et Into The Wild, ou encore par la Ch'ti mania, le cinéma français a essayé de se faire une place titubante. Evidemment, les incontournables restent... Incontournables, et Cédric Klapisch, aura connu le succès avec son Paris, véritable ode à la sublime capitale, à ses membres, à son aura, sa vie, son patchwork d'existences. Mené par l'un des cinéastes les plus prisés du cinéma français, Paris a séduit.
Véritable dépendant au succès, Cédric Klapisch est revenu en 2008, avec la Tour Eiffel sous le bras, rien que ça, et teinté de multiples personnages, à la douce complexité, comme sait si bien créer le cinéaste. Paris de Klapisch a été le petit remède de l'hiver du cinéma, aux froides toiles emprises et blockbusters américains, en somme le petit plus 2008. Ode à la ville des lumières, Paris aura été aussi la ville de Romain Duris, éternel acolyte du réalisateur. Après Dans Paris de Christophe Honoré, Romain Duris s'atelle au personnage de Pierre, simple danseur de cabaret, qui apprend qu'il est gravement malade. Ses jours sont comptés, mais il refuse l'hospitalisation. Vivant reclus chez lui, il observe, détaille et réinvente les vies de ces Parisiens, derrière d'épais rideaux, ceux qui ont choisi la vie, les pleurs, les cris, les livres. Un Klapisch, c'est d'abord un film sur les gens, les hommes, les femmes, les humains, les petites gens, les nantis, les lettrés, les plus humbles aussi.
Refusant l'élitisme de la capitale, Klapisch tisse son patchwork en orchestrant les vies des marchés, des cabarets, des constructeurs, des mères, des célibataires, tout ce qui construit une vie, dans l'écrin brumeux parisien. Bonne note pour le génial Fabrice Luchini qui tombe littéralement sous le charme de son étudiante sorbonnarde (Mélanie Laurent) et qui verra sa vie et sa conception de l'amour redéfinies. Les marchés, les quartiers, tout y est, Paris tient dans un film de plus de deux heures, où l'on ne s'ennuie pas. On sourit, on l'accueille, et l'on savoure une BO impeccable (où figure Kraked Unit, Saint Germain, Wax Tailor) qui reste aussi marquante que celui-ci. Paris est l'un des plus beaux coups de coeur 2008, un coup de force tranquille au cinéma français. Romain Duris et Fabrice Luchini ? Les mentions sont vites décernées. De la beauté, pure, sans complexité esthétique, manipuler la ville avec douceur et ses habitants avec indulgence, Paris de Klapisch reste le bijou de 2008. Belle ville, Beau travail, on se régale.| < Préc | Suivant > |
|---|
