Crise : entre capitalisation boursière et capitulation financière
Écrit par Pascal Fesquet Lundi, 20 Octobre 2008 09:40
Les récents évènements sur les marchés financiers posent de nouvelles problématiques à nos gouvernants. Venue des Etats-Unis, la crise s’est répandue à l’ensemble des Economies modernes telle une pandémie. C’est l’effet « domino », nous dit-on, qui se propage au rythme séquentiel des fuseaux horaires. Dont acte !
La Globalisation financière a certes favorisé l’accès à de nouveaux marchés, à de nouveaux débouchés, à l’innovation mais aussi à la spéculation. Le phénomène de - titrisation- néologisme traduisant la création de nouveaux instruments financiers sur les marchés, est le signe tangible de cette dérive. Les marchés seraient-ils devenus fous ?
Attention, la prudence reste de mise, gardons-nous de tout jugement à l’emporte-pièce et essayons d’analyser ce qui se passe réellement.
Il s’agit d’une crise protéiforme, affectant d’abord la Finance puis l’Economie réelle, menaçant au passage, tout l’équilibre social. Les vrais enjeux relèvent alors des questions de Gouvernance et de régulation mondiale.
En matière de Gouvernance économique et financière, il semble que l’on n’ait pas su tirer tous les enseignements des cas Enron, Worldcom ou Parmalat : dès cette époque, c’est le décalage entre Economie comptable et Economie réelle qui est suspecté ; le manque de transparence, lié au caractère irréel ou erroné des informations comptables et financières, avait été à l’origine de la déconfiture généralisée de la 7e plus grande société américaine et du cabinet Andersen. Aujourd’hui, c’est encore l’opacité et la complexité des systèmes financiers qui sont visés, on leur reproche d’être à l’origine de la Spéculation et de l’Internationalisation de la Crise. Or le Libéralisme économique postule l’atomicité des marchés, la transparence, la fluidité et la mobilité des facteurs, sans oublier leur homogénéité.
A ce stade, une question s’impose : le système est-il simplement en panne ou en faillite ?
Si l’on considère que la crise actuelle n’est qu’une des manifestations des crises cycliques-
et contra-cycliques- que les économistes connaissent bien, alors il faut privilégier une intervention publique, limitée dans le temps et dans l’espace, de manière à rétablir l’équilibre que le marché ne peut plus garantir naturellement.
Si en revanche, l’on estime que c’est une crise systémique liée à une réorganisation naturelle des marchés ( montée en puissance des économies émergentes, et arrivée sur les marchés des fonds souverains) , c’est bien de faillite dont il faut parler , et de refondation du système dont il doit être question.
L’avènement d’un nouvel ordre économique mondial peut-il constituer une voie de sortie de la Crise ?
La Crise, c’est bien connu, oblige à optimiser les systèmes et à rationaliser les moyens .En Europe, au moins aura-t-elle eu le mérite de favoriser la convergence des politiques économiques et financières en vue d’adopter une position commune .C’est un rendez-vous avec l’Histoire qu’il ne fallait pas manquer. Faut-il aller jusqu’à la constitution d’un Gouvernement économique européen, (au sens institutionnel), la question ne manque pas d’intérêt. Sans être une fin en soi, cela permettrait de rendre nos actions plus efficientes.
L’idéal serait de faire évoluer le système et passer d’un capitalisme financier à un capitalisme social, gage d’un développement économique harmonieux et pacifié.
Le XXIe siècle, marque l’entrée officielle dans l’ère d’un monde multipolaire, où les tensions sont exacerbées et où les risques d’assister au retour de certains nationalismes sont grands- il faut y prendre garde !
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