The United States of Tara
Écrit par Éric K. Fofana Samedi, 24 Janvier 2009 12:23
Après Frères d'Armes et Disparitions, Steven Spielberg revient à la télévision pour nous proposer une toute nouvelle série en ce début d'année. United States of Tara est une création touchante et drôle, où une mère victime de troubles de la personnalité apprend à gérer sa famille.

The United States of Tara, c’est l’histoire d’une mère tout juste quarantenaire, vivant avec son mari et ses deux adolescents dans une ville paisible du Kansas. Comme le titre l’indique, Tara est victime de ses différents « états », souffrant depuis des années d’un trouble dissociatif de l’identité connu de toute sa famille. Pour mieux comprendre les origines et les raisons de sa maladie, elle décide de ne plus se faire soigner et d’assumer complètement sa différence.
Une famille compréhensive
Dans sa famille, il y a Max Gregson, le mari dévoué, à l’écoute et doté d’une patience sans limite. Il a assisté Tara pendant les 17 années de leur mariage. Il prouve tous les jours sa loyauté en jouant le jeu des divers personnages présents chez sa femme. Il s’est par exemple résolu à ne jamais coucher avec les différentes « versions » de Tara. Kate, la fille aînée, est une ado américaine « de base », avec ses problèmes de cœur et ses sautes d’humeurs déraisonnées. Elle s’amuse de la situation de sa mère et en profite souvent pour faire ce qu’elle ne lui permettrait pas en temps normal, mais la respecte malgré tout. Marshall est le fils doux et sensible de Max et Tara. Son homosexualité est un fait accepté de tous dans la famille. Il est clairement le plus calme et le plus attentionné des Gregson, et tend à tout faire pour le bien-être de sa mère. Enfin, il y a Charmaine, la sœur de Tara, qui elle n’a que faire de ses différents états, et doute fortement de la véracité de sa maladie. Elle confie ses suspicions à Max, qui ne fléchit jamais à ses attaques.
1 + 1 + 1 + 1 = 1
Tara possède des personnages récurrents, qui font leur apparition la plupart du temps après un choc émotionnel, comme le rire, la contrariété, le stress, la peur, ou la tristesse.
Commençons par Tara. Rien de notable, il s’agit du mère assez jeune, décoratrice d’intérieur chez des femmes enceintes, qui s’inquiète pour le bien-être de ses enfants et de son mari. Elle arrête son traitement médical pour apprendre à vivre avec sa maladie même si elle regrette par moments tout ce qu’elle peut faire subir à ses proches. Puis nous découvrons « T », une adolescente rebelle et provocante de 15 ans, qui possède un MySpace assez chaud et qui cherche à se droguer, parfois avec Kate. Cette dernière trouve en elle une amie, une grande sœur, une confidente. T tente par tous les moyens de coucher avec Max, qui s’y refuse systématiquement. Autre personnage, celui de Buck. C’est un homme, oui, un homme, qui se prend pour un vétéran de la guerre du Vietnam, y ayant perdu son pénis. Il fume, est vulgaire et très violent, mais possède quand même un côté protecteur, surtout vis-à-vis de Kate. Il insulte souvent Marshall quant à son homosexualité, qui lui reste impassible. Enfin, il y a Alice, la housewife plutôt vieux jeu ultra attentionnée qui prépare de bons petits plats à sa famille.
Une série puissante
Steven Spielberg et la jeune Diablo Cody (scénariste à succès récompensée entre autres d’un Oscar pour Juno) nous offrent ici une série puissante, mêlant agilement humour, tendresse et pathos dans une famille dysfonctionnelle qui finalement ne s’en tire pas si mal. La coordination et la peur de l’arriver d’un nouveau personnage à chaque instant, et son adaptation à la situation actuelle, donnent à la série des angles de travail infinis, lui permettant ainsi de se renouveler. Nous avons affaire à une jolie perle, sortant du lot, bourrée de potentiel scénaristique et émotionnel, qui devrait plaire à un grand nombre de sériphages.
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