Skins, ou comment nous rendre néophobes

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Attendue depuis près d’un an par les jeunes Britanniques, la série Skins revient dans une troisième saison en totale rupture avec les deux premières. Mais comment poursuivre sans les personnages responsables du succès de la série ?

Ça y est, Skins est de retour. Depuis l’hiver dernier, les fans anglais se sont demandé comment allait se poursuivre la série sans les personnages qui lui ont permis de briller. Exit Sid, Tony, Maxxie et les autres. Cette année, faîtes place à Freddie, JJ et Cook, les nouveaux héros de la série trash.

On prend presque les mêmes et on recommence.

Effy

Pour cette troisième saison, les lieux de tournage n’ont pas changés : nous suivons toujours de jeunes habitants de Bristol pendant leur rentrée en terminale, ce qui permet de garder un minimum de continuité avec les épisodes passés. Nous sommes jetés au cœur d’une conversation entre trois des nouvelles têtes de la série. Trois têtes à claques aux rôles clairement définis. Il y a grande gueule (Cook), l’éternel second (Freddie) et la victime (JJ). Dès les premières minutes, on retrouve ce que l’on a eu l’habitude de voir : consommation d’alcool, de drogue, de la grossièreté et des références salaces. Seulement, quelque chose cloche. Une succession de scènes lourdingues plus tard débarque un visage familier, celui de la fameuse Effy, la sœur cadette de Tony. Cette arrivée n’arrange pas véritablement les choses car elle est quasi muette. Nous découvrons par la suite des jumelles au vocabulaire fleuri, Emily et Katie, duo dans lequel la domination de la première sur la seconde est évidente. Et enfin Pandora, la meilleure amie d’Effy, qui a visiblement décidé de loger sur son propre nuage.

Des personnages pas aussi attachants.

Emily & Katie

Malgré la présence d’Effy et les différences de caractérisation des personnages, on n’arrive pas à se faire à l’idée que ce sont eux qui ont été choisis pour faire perdurer « l’esprit Skins ». Les ficelles sont simplement trop grosses. Contrairement aux saisons précédentes, les actions prennent le pas sur la psychologie et le suivi des personnages. Leurs rôles et leur place au sein du groupe semblent prédéfinis et on a du mal à les voir évoluer. On a l’impression de voir une bande de robots sans âme ni finesse, essayant vainement de se faire aimer du public. Impossible donc de s’y attacher. Ils paraissent lisses, sans dimension autre que celle de leur configuration. Adieu esprits torturés et complexes, on a ici affaire à de l’humour graveleux et facile. Citons en exemple la scène dans laquelle Cook se déshabille devant toute sa promotion et les directeurs du lycée pour les défier. A ce moment-là, on se demande si Skins a subi une baisse de qualité scénaristique si grosse qu’elle en a « sauté le requin ».

Une parodie de Skins

Freddie / © Channel 4

Ce qui faisait le charme de Skins, c’est que malgré la démesure et l’exagération du portrait dressé sur la jeunesse anglaise, il était possible de relativiser ce que l’on pouvait voir. Il était facile à l’époque d’aller au-delà des apparences et d’apprécier chaque personnage à sa juste valeur. Pour cette nouvelle saison, Skins est presque devenue une série américaine basique, avec pour seule différence d’être osée, perdant ainsi beaucoup de son originalité et de son décalage à cause de choix scénaristiques douteux. Les énormités et l’humour lourd dispersés dans ce premier épisode donnent un ton désagréable qui ne nous rappelle en rien ce qui a pu nous toucher. La qualité n’est pas au rendez-vous et l’on se surprend à soupirer scène après scène en se demandant « quand est-ce que ça commence vraiment ? ». Le souci provient de la cicatrice indélébile laissée par la disparition des anciens, auxquels on a trop de mal à se détacher. Bien sûr, il ne s’agit que du premier épisode, mais cette « nouvelle génération » ne laisse rien présager de bon.

 

 

 

INTALK

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by INTALK Jeudi, 10 Décembre 2009 12:53

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