Skins, ou comment nous rendre néophobes
Écrit par Éric K. Fofana Dimanche, 25 Janvier 2009 12:19
Attendue depuis près d’un an par les jeunes Britanniques, la série Skins revient dans une troisième saison en totale rupture avec les deux premières. Mais comment poursuivre sans les personnages responsables du succès de la série ?
On prend presque les mêmes et on recommence.
Des personnages pas aussi attachants.

Malgré la présence d’Effy et les différences de caractérisation des personnages, on n’arrive pas à se faire à l’idée que ce sont eux qui ont été choisis pour faire perdurer « l’esprit Skins ». Les ficelles sont simplement trop grosses. Contrairement aux saisons précédentes, les actions prennent le pas sur la psychologie et le suivi des personnages. Leurs rôles et leur place au sein du groupe semblent prédéfinis et on a du mal à les voir évoluer. On a l’impression de voir une bande de robots sans âme ni finesse, essayant vainement de se faire aimer du public. Impossible donc de s’y attacher. Ils paraissent lisses, sans dimension autre que celle de leur configuration. Adieu esprits torturés et complexes, on a ici affaire à de l’humour graveleux et facile. Citons en exemple la scène dans laquelle Cook se déshabille devant toute sa promotion et les directeurs du lycée pour les défier. A ce moment-là, on se demande si Skins a subi une baisse de qualité scénaristique si grosse qu’elle en a « sauté le requin ».
Une parodie de Skins
Ce qui faisait le charme de Skins, c’est que malgré la démesure et l’exagération du portrait dressé sur la jeunesse anglaise, il était possible de relativiser ce que l’on pouvait voir. Il était facile à l’époque d’aller au-delà des apparences et d’apprécier chaque personnage à sa juste valeur. Pour cette nouvelle saison, Skins est presque devenue une série américaine basique, avec pour seule différence d’être osée, perdant ainsi beaucoup de son originalité et de son décalage à cause de choix scénaristiques douteux. Les énormités et l’humour lourd dispersés dans ce premier épisode donnent un ton désagréable qui ne nous rappelle en rien ce qui a pu nous toucher. La qualité n’est pas au rendez-vous et l’on se surprend à soupirer scène après scène en se demandant « quand est-ce que ça commence vraiment ? ». Le souci provient de la cicatrice indélébile laissée par la disparition des anciens, auxquels on a trop de mal à se détacher. Bien sûr, il ne s’agit que du premier épisode, mais cette « nouvelle génération » ne laisse rien présager de bon.
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