Écrit par Romain Amaro - Photos : © Elysée
Vendredi, 03 Octobre 2008 09:37
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Médias
Il devenait « urgent » de le faire, alors que la crise « structurelle » et « bien française » qui touche la presse écrite ne cesse de prendre de l’ampleur. Hier, 2 octobre, en lançant les Etats Généraux de la presse, Nicolas Sarkozy a appelé à plus de changements afin d’assurer la survie de ce secteur.

«
Coûts d’impression et de diffusion élevés, faiblesse du réseau de distribution, manque d’assise financières des entreprises de la presse, perte de confiance entre les journalistes et les lecteurs… ». Un constant accablant qui aura donc pousser le Chef de l’Etat à intervenir, estimant que «
le statut quo ne pouvait plus durer ».
Remettre en question ses fondements
Depuis l’Elysée, le Président de la République a demandé à ce que l’Etat s’interroge « sur l’efficacité de ses aides publiques » qui s’élèvent à « près d’un milliard d’euros » soit « environ 10% de son chiffre d’affaires » a-t-il précisé. Une remise en question qui devra se faire en raison de l’incompatibilité des règles qui régissent « la presse encore aujourd’hui », alors que ces dernières datent de la fin de la seconde guerre mondiale. « Le dispositif de l’après-guerre […] devait favoriser une presse quotidienne d’information générale et politique florissante, indépendante et diversifiée. Or, jamais la presse quotidienne et généraliste ne s’est aussi mal portée », a ajouté Nicolas Sarkozy, qui souhaite que celle-ci devienne « rentable, meilleur moyen pour elle d’être indépendante ».
Autre point sur lequel les professionnels de la presse, mais aussi « les lecteurs, les consommateurs, les citoyens », qui sont « associés aux Etats Généraux », devront se pencher, la distribution de la presse française, qui reste « mal vendue » en raison de sa « distribution » qui est son « premier problème ». « La réalité c’est qu’il existe une demande lorsque l’offre répond aux attentes et qu’elle est bien distribuée » a ajouté Nicolas Sarkozy.
La gratuité : « la mort de la presse écrite »
Si le Chef de l’Etat s’est bien gardé d’opposer la presse gratuite et la presse payante, il a néanmoins tenu à critiquer l’idée d’une gratuité de la presse : « La gratuité, c’est une vue de l’esprit, et la mort de la presse écrite » a-t-il fermement déclaré. « Je crois dans l’avenir de la presse payante car je crois dans la valeur de l’information vérifiée, analysée, triée, hiérarchisé », a-t-il expliqué.
Une réflexion autour de quatre pôles
Enfin, si la réflexion se fera pendant deux mois avec tous les acteurs de la presse, le Président de la République a annoncé la constitution de quatre « pôles de débats et de concertation ». Bruno Frappat, président du groupe Bayard Presse dirigera celui « chargé de réfléchir à l’avenir des métiers du journalisme ». Arnaud de Puyfontaine, ancien président de Mondadori France, prendra les commandes du groupe de travail dédié « au processus industriel de la presse ». Bruno Patino, directeur de France Culture, aura la tâche de diriger le pôle consacré à la presse numérique. Et enfin, François Dufour, co-fondateur du groupe Play Bac et rédacteur en chef de trois quotidiens pour enfants, sera « chargé de traiter les questions relatives aux rapports entre la presse et la société ».