Pierre Mathieu «Je n’ai pas l’impression d’avoir eu l’idée de l’année.»
Écrit par Pauline Perinet Lundi, 01 Juin 2009 18:07
J’veux des plans sur la commode, telle est la première phrase du titre Baby baby baby. Et côtés plans, on peut dire que Make the girl dance en a trouvé un super pour créer le buzz. Trois nanas en tenue d’Eve en pleine après-midi au cœur de Paris… Il n’en fallait pas plus pour attirer l’œil pervers de l’internaute. Visionné trois millions de fois en à peine trois jours, le clip et la chanson sont désormais sur toutes les lèvres. Rencontre avec Pierre Mathieu, l’homme du petit écran qui a signé avec Greg Kozo le tube de l’été, il en va sans dire.
On te savait animateur télé depuis des années, mais DJ beaucoup moins… A croire que c’est une épidémie à la télé, entre Ariel Wizman, Beigbeder, Tania Bruna Rosso et maintenant toi. Ca fait longtemps que tu tâtes les platines ?
Pierre Mathieu : D’abord je suis très flatté d’être associé à ces jolis noms. Ensuite oui je tâte depuis un moment. DJ c’était mon petit boulot d’été pendant mes études. Ca a commencé à Biarritz au Ventilo Café. Puis j’ai décidé de m’orienter vers un vrai travail diurne, beaucoup plus sain en terme de biorythme. Mais à Paris j’ai été rattrapé par l’odeur des discothèques. Alors il y a deux ans j’ai recommencé à jouer un peu.
Comment s’est créé Make the girl dance ?
P.M : Il y a un an et demi, je jouais en tant que DJ dans un club parisien. Derrière moi, un petit homme chauve et tatoué du nom de Greg Kozo, a pris les commandes pour envoyer des sons avec des machines intrigantes. Il était talentueux, déjà reconnu dans le milieu électronique mais surtout on avait le même genre d’humour pourri. Après deux ou trois vannes, on a décidé de faire un tour dans son studio pour essayer de concrétiser deux ou trois idées que j’avais dans la tête. Depuis nous n’avons plus arrêté.
Pourquoi ce nom ? T’es du style à faire bouger les filles en boite…?
P.M : Le nom vient d’une interview que j’avais lue du groupe Franz Ferdinand. Ils déclaraient qu’ils faisaient de la musique uniquement pour faire danser les filles. J’ai trouvé que c’était très beau et très noble. D’où le nom. Je suis très nul en danse à deux… donc je vais essayer de les faire danser de derrière la cabine DJ.
Je n’ai pas l’impression d’avoir l’idée de l’année avec ce clip
Je n’ai pas l’impression d’avoir l’idée de l’année avec ce clip
Le clip de baby baby baby fait un véritable carton sur Internet… A tel point qu’on en parle même aux Etats-Unis… Tu t’attendais à un tel succès ?
P.M : Bien sûr. D’ailleurs tout a été organisé avec des réseaux d’ingénieurs en informatique partout dans le monde qui truquent les chiffres. Mais on a quand même été très surpris que ça marche. On espérait à un mini buzz, du genre 50.000 vues sur le Net. On en a eu 3 millions en 3 jours. Et sans fausse modestie, je trouve ça très exagéré. Je n’ai pas l’impression d’avoir eu l’idée de l’année avec ce clip. Je ne m’explique pas cet engouement. Mais par contre je suis assez mégalo pour l’apprécier.
Le clip a-t-il été conçu pour générer le buzz ?
P.M : Oui clairement. Quand on n’a pas de budget pour faire un joli clip, il faut avoir une bonne idée. La mienne n’était pas originale, mais fallait-il encore le faire. On était déjà très content d’avoir réussi notre coup pendant le tournage. C’était assez excitant de faire un truc un peu rock & roll, interdit et sans autorisations.
Pourquoi la rue Montorgueuil ? Et trois filles nues ? C’est des copines à toi d’ailleurs ?
P.M : La rue Montorgueil parce que je voulais une rue piétonne pour éviter les patrouilles de polices en voiture, plus rapides que celles à pieds ! Trois filles nues parce que c’est mieux qu’une. Je voulais des filles “normales”. Jolies, mais qui pourraient être ta voisine de bureau. Pas des professionnelles. Alors j’ai mis une annonce sur mon Facebook sans y croire. Eh bien vous savez pas quoi ? Ca a marché...
Utiliser Internet, c’était pour éviter que les mauvaises langues disent que tu te sers de ton métier pour ton auto promo ?
P.M : En fait, c’est juste parce que j’ai plus d’amis sur Internet que dans la télé. A la télé, je n’avais ni le réseau ni le pouvoir pour faire mon auto promo.
Le clip est réalisé sans trucages ? C’était vraiment un jeudi à 14h07 ?
P.M : C’était vraiment un jeudi, il était vraiment 14h07 et elles étaient vraiment très bien épilées.
Sur ton myspace, l'auteur des paroles de "baby baby baby" est une certaine "ta grand mère"...
P.M : L’auteur des paroles, la fameuse “Ta Grand Mère” est une de mes meilleures amies. Elle est auteur. Notamment pour un module court sur Canal + qui s’appelle “Mylène et son garçon”. Elle est belle et intelligente. Et surtout je lui avais demandé un texte sur une fille typiquement parisienne qui ferait des caprices superficiels. Non pas pour dénoncer ou me moquer, mais parce que je trouve que la superficialité est essentielle à la féminité et n’empêche aucune profondeur. Le texte parle d’une fille de son temps, une genre de féministe punk.
Une fille dans l'air du temps... Pas très orthodoxe tout de même quand elle dit "Je veux pas de cake je veux de la coke"… T’as pas peur d’avoir des problèmes, alors que la coke est au cœur de plusieurs polémiques en ce moment, entre les jeunes qui en prennent de plus en plus, et même les sportifs comme Richard Gasquet ?
Alors oui, on y évoque la drogue et le sexe parce que ça fait aujourd’hui partie des composantes de la jeunesse. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Nos parents soixante huitards se goinfraient de LSD et cela ne les a pas empêché de devenir médecins ou avocats. Je ne pousse pas à la consommation loin de là. Je dis juste que les jeunes n’ont pas attendu Richard Gasquet pour prendre des drogues, ni aujourd’hui, ni il y a 30 ans... Personnellement je n’ai jamais eu envie de me faire un gros rail à chaque fois que j’écoutais “Cocaïne” d’Eric Clapton. Il faut arrêter de prendre les jeunes pour des cons et croire qu’ils font tout ce qu’ils entendent dans les chansons.
A la rentrée, soit le groupe aura vendu 2 millions de disques et déjeunera avec les Daft Punk, soit je reprendrai la route des rédactions
A la rentrée, soit le groupe aura vendu 2 millions de disques et déjeunera avec les Daft Punk, soit je reprendrai la route des rédactions
Tu veux être dans le top de Justice ? Un remix de baby baby baby par eux est-il en prévision ?
P.M : J’ai croisé Gaspard hier soir dans un club à Paris, il ne m’en a pas parlé... Ca m’étonne...
Tu vas privilégier ta carrière de dj à celle d’animateur télé maintenant ?
P.M : Non. Je n’oublie pas que mon vrai métier est celui de Monsieur de la télé. Mais depuis quelques années, j’avais envie d’autre chose. J’aime la musique et je compte bien continuer à en faire, même si je sais qu’il sera dur de me créer une légitimité dans ce milieu. Les étiquettes sont tenaces. Et puis comme je le disais, j’ai toujours très envie de travailler en télévision. Peut être pas forcément en animation mais revenir au journalisme de mes débuts ou à la production. A vrai dire, je marche au gré des propositions et des rencontres. J’ai encore envie de me laisser porter un peu pour voir. Mais cet été ce sera musique. A la rentrée, soit le groupe aura vendu 2 millions de disques et déjeunera avec les Daft Punk, soit je reprendrai la route des rédactions. Le plus beau c’est que les deux solutions me réjouissent.
Entre anciens du Morning Live, soyons fous, on peut imaginer une collaboration Make the girl dance – Michael Youn ?
P.M : J’adore Michael et je reconnais que ses parodies ont été super bien produites. Mais il a choisi la musique parodique et nous la musique électronique. Je ne dis pas que l’une est meilleure que l’autre, je dis juste que c’est différent. Chacun à son public, lui un beaucoup plus large que le notre.

Vous devez être enregistré pour écrire un commentaire.
| < Préc | Suivant > |
|---|
