Un « Stade de France » version rugby vraiment nécessaire ?
Zap'in - Rugby
Écrit par Jérémy Mouffok   
Jeudi, 17 Février 2011 10:03
AddThis Social Bookmark Button

Alors que le XV de France dispute actuellement le Tournoi des VI Nations, une grande question occupe la fédération. Un stade digne de son nom, entièrement consacré au rugby, demeure l’objectif prioritaire pour les années à venir.



alt

L
e duo Camou – Blanco défend l'idée d'une enceinte ultra moderne, évolutive, de 80 000 places avec un toit et une pelouse rétractables. En dehors du rugby, elle pourrait recevoir tout type de manifestations (course de voitures, concerts, spectacles), et s'inscrit comme un concurrent direct du Stade de France. La FFR a confirmé jeudi sa volonté de se doter de son propre stade pour assurer son indépendance et espère le construire pour 2017 pour un coût de 600 millions d'euros. Pour être rentable, elle devrait accueillir entre 17 et 20 manifestations par an. Le stade doit voir le jour en 2017 et demeurer en Île-de-France. Quatre villes desservies par le RER ont déclaré leur intérêt: Marne-la-Vallée (77), Massy, Bondoufle et Sénart (91). « S’il veut être compétitif, trouver des ressources, le rugby français a besoin de son grand stade »,  insiste président de la Fédération Française.

Un tel stade peut-il se passer d'un club résident ? Le Racing Métro va disposer d’ici les prochaines années de l'Arena 92 à Puteaux et le Stade Français attend le nouveau Jean-Bouin.

Depuis 1998, la fédération française de rugby est liée par une convention au Consortium qui exploite le Stade de France. Les termes de cette dernière arrive à terme en 2013 mais sont extrêmement contraignants d'un point de vue commercial. Elle limite le champ d'action de la FFR dans l'exposition de ses partenaires comme dans l'organisation d'opérations d'hospitalité. Contrairement à la fédération de football, les recettes générées par les matches de l'équipe de France constituent l'essentiel des subsides de la FFR. Le manque à gagner est évalué à plus de 4 millions d'euros par match, soit une perte de revenus de 250 à 300 millions d'euros sur quinze ans. Pierre Camou se rappelle aussi du précédent du centre d’entraînement de Marcoussis.  « En 1999, à Rodez, lorsqu'on avait proposé 40 millions d'euros pour le futur CNR, on nous avait pris pour des fous », rappelle-t-il. « Si nous n'avons pas d'utopie raisonnée, qu'est-ce qu'on construit ? Si le rêve ne nous habite pas, que devient-on ? Si l'ambition n'est pas là avec une volonté affirmée, raisonnée, que sommes-nous ? ». Le rugby français rêve ainsi de suivre l’exemple anglais et d’avoir son Twickenham.  Pourtant, le fantasme d’un nouveau grand stade suscite de multiples interrogations avant même sa construction.


Un projet qui suscite de nombreuses interrogations
Le principal écueil risque d'être d'ordre institutionnel. L'État est lié par une convention avec le consortium du Stade de France et lui garantit un seuil de revenus jusqu'en 2025. Et si le football vient de se réengager pour quinze ans à Saint-Denis, l'accord signé par la FFF ne porte que sur trois matches par an. Alors pourquoi promettre au rugby de créer une nouvelle enceinte, alors que le XV de France participe en moyenne 4 à 5 dans

Le rugby français rêve ainsi de suivre l’exemple anglais et d’avoir son Twickenham.

l’enceinte francilienne ?  Quid de la province ? « Il est de plus en plus difficile de trouver des stades acceptables pour l'équipe de France et son public en province, lance Serge Blanco. Et l'Euro de foot en 2016 ne facilitera pas les choses ». Un tel stade peut-il se passer d'un club résident ? Le Racing Métro va disposer d’ici les prochaines années de l'Arena 92 à Puteaux et le Stade Français attend le nouveau Jean-Bouin. Les amateurs de rugby sur les forums restent tout aussi circonspet. « Mais est ce que la FFR a intérêt un Stade qui serait en concurrence avec le Stade de France ? Pourra-t-elle espérer les mêmes revenus ? Contrairement à Twickenham qui s'est construit petit à petit, la Fédé voudrait très vite un grand stade. Je pense qu'elle ne pourra pas se contenter d'un Stade qui ne soutiendra pas la comparaison avec le Stade de France, sinon les seuls spectacles proposés et intéressants en terme de revenus générés seront les matchs de l'EDF et la finale du championnat ». Autre point qui ne semble pas évident au premier abord, la question environnementale . L’empreinte carbone d’une telle enceinte serait forcément très élevée. Il est quoi qu’il en soit encore trop tôt pour savoir si le rugby hexagonal aura son propre temple.

A lire aussi...
Pas d'articles liés
Commentaires (1)add
contrat de concession Etat - CSDF
Par titi99 , février 17, 2011
Ca tombe bien, le conseil constitutionel a invalidé la loi qui protégeait le contrat de concession qui lie l'Etat à VINCI et Bouygues.

Le contrat critiqué par la Cour des Comptes et l'Europe à l'époque peut maintenant être attaqué devant les tribunaux administratifs qui peuvent le déclarer invalide .... plus d'obligation pour l'Etat, ni les fédérations, ...
Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

busy
 

Restez connectés


             

Vos commentaires